Category Archives: Democracy – Démocracie

Ce n’est pas “kif-kif”, non…

Il est grand temps qu’on arrête de prendre aussi facilement à l’hameçon des politiciens véreux qui se plaisent à pointer du doigt les autres en nous disant qu’ils sont comme eux. Je parle des Marine Le Pen et de Fillion qui, n’arrivant pas à cacher les tâches d’encre noire sur un linceul qu’ils présentent comme vierge, bombardent sans discernement, et en toutes connaissance de conséquences, tous leurs adversaires d’accusations non-fondées, voire complètement réfutées et facilement réfutables.

L’intention est de créer de la fausse équivalence : quand on n’a pas le choix que de faire face à ses actions, on se tourne vers son adversaire et on dit aux autres « Lui, il est comme moi. Même pire, si vous saviez… » Sans aller plus loin, bien sûr. On ne veut pas non plus aller se faire attaquer en diffamation…

Néanmoins, le mal est fait car nombreux sont les gens qui mordent à l’hameçon et il ne s’agit pas que des classes sociales les moins éduquées et des gens les plus pauvres. J’en ai déjà parlé et il s’agit simplement des fainéants, des gens qui ne regardent jamais plus loin que ce qu’on leur dit, des gens qui refusent d’assumer la responsabilité de leur première et plus importante liberté d’expression : le droit de vote.

Alors on finit avec le discours qui dit volontiers : « Macron/Le Pen, kif-kif, même combat ». On vote blanc ou on s’abstient en oubliant de distinguer une seule essentielle entre les deux. Une chose complètement noyée dans la fausse équivalence : leur vision de la société française et l’Etat de droit. On nous dit : « Ni Patrie, Ni Patron » et qu’on ne veut donc pas voter mais on oublie volontiers de dire que dans l’une de ces deux conceptions accusent l’Etat de droit et les libertés qu’il entraine de tous les maux actuels et prônent leur abrogation pur et simple.

Je ne suis pas un supporter de Macron pour des raisons que j’ai mentionnées auparavant mais au fur et à mesure des deux semaines entre les deux tours et en regardant Trump détruire toutes les avancées des huit ans d’Obama à coups de décrets présidentiels, je me suis rappelé 2002 et ce que signifie ce vote. En effet, si Macron me fait me poser des questions sur certaines orientations économiques, il a quelque chose qu’on ne peut pas renier : le respect inhérent et incontesté de la démocratie et de l’Etat de droit.

Quand je pense à lui, je me pose des questions sur le montant de la retraite de ma mère, certes, mais je ne m’en pose aucune sur son droit, en tant que femme, à travailler, à être chef d’entreprise, à être divorcée, à acheter une maison en son nom sans l’autorisation d’un homme ou de s’être faite avorter pour des raisons qui ne concernent qu’elle. La vision du monde par Macron respecte les femmes en tant que citoyennes à part entière, leurs droits à disposer d’elles-mêmes et ce sans condition. Et je ne pourrai jamais en dire autant de Marine Le Pen, de ses alliés et de ses soutiens.

Quand je vois Macron, je n’ai aucune peur pour mes libertés en tant qu’homosexuel. J’ai des questions sur la précarité de mes emplois mais je ne me suis jamais demandé comment j’allais faire pour survivre s’il devenait président parce que je devrais cacher mes préférences amoureuses et comment le faire maintenant que j’ai accepté qui je suis. Je sais que ma sexualité ne sera pas une arme que l’Etat va utiliser contre moi parce que Macron est un démocrate qui comprend que ce n’est pas un choix que j’ai fait un jour mais quelque chose que je suis. Je sais qu’il va respecter mes droits et n’a jamais eu la moindre intention de les abroger. Et je ne pourrai jamais en dire autant de Marine Le Pen, de ses alliés et de ses soutiens.

Il en va de même pour tous les gens qui n’ont pas choisi leur lieu de naissance, celui de leurs parents, ou de leurs grands-parents, ceux qui n’ont pas choisi leur couleur de peau, les écoles dans lesquelles ils sont allés et les quartiers dans lesquels ils ont grandi. Même si sa vision économique est en léger décalage avec la mienne,  je sais que Macron continuera à travailler pour que ceux qui le désirent, tous ceux qui y travaillent soient considérés comme des citoyens à part entière sans bannière ou badge qui indique bien qu’ils passent après. Et je ne pourrai jamais en dire autant de Marine Le Pen, de ses alliés et de ses soutiens.

Il en va de même pour les choix de chacun comme la religion ou la mouvance politique. Avec Macron, je sais que j’ai le droit d’être athée et de gauche, que mes amis peuvent être ouvertement juifs, musulmans ou catholiques, socialistes, communistes, conservateurs, nationalistes, patriotes et anarchistes, voire même fascistes parce que Macron prône une société plurielle où tout le monde cohabite, où le désaccord est une bonne chose. Et je ne pourrai jamais en dire autant de Marine Le Pen, de ses alliés et de ses soutiens.

Il y a aussi le choix de l’immigration, les millions de gens qui ont choisi de venir, non pas pour « voler le brave Français » mais pour apporter une pierre à l’édifice, comme je l’ai fait en Angleterre, je le fais en Espagne et je le ferai bientôt en Suède. Je sais que ces gens auront la protection du chef de l’exécutif et de l’Etat si quelques tentent de les attaquer d’une manière ou d’une autre. Et je ne pourrai jamais en dire autant de Marine Le Pen, de ses alliés et de ses soutiens.

Si Macron me donne quelques angoisses sur quelques chiffres liés à l’économique, je n’ai que des certitudes apaisées sur le respect de droits de chacun à être qui il est et qui il veut être. Et je ne pourrai jamais en dire autant de Marine Le Pen, de ses alliés et de ses soutiens qui m’évoquent de suite les termes de « citoyens de seconde classe », « remise en cause du droit de… », « abrogation du droit de… », exclusion, ségrégation, priorité ethnique qui renient les bases de la République.

Je peux comprends que pour la majorité, ces aspects sociaux de droit des personnes sont secondaires quand les angoisses économiques sont partout. C’est d’abord parce qu’on nous répète constamment qu’il n’y a que l’économie qui compte, c’est aussi parce que ces angoisses sont réelles et doivent trouver des réponses mais c’est aussi parce que ce sont aussi des gens qui n’ont jamais eu à se poser des questions d’identité, d’appartenance, qui n’ont pas jamais eu à réfléchir à leur place dans la société autrement qu’en termes de travail. Je comprends que les droits de l’autre ne soit pas leur priorité et qu’ils s’imaginent que leurs libertés civiles et civiques ne répresentent rien face à leurs droits économiques. Je ne l’accepte pas mais je le comprends.

Néanmoins, il n’empêche que comparer Macron et Le Pen, c’est joué volontiers le jeu de démagogues qui veulent que vous oubliez qu’il y a plus en jeu que des montants d’impôts et de retraite : il y a toute la société, la France,  la République, nous en tant qu’humains et pas ressources humaines. C’est comparer la démocratie et le néo-fascisme en disant : « Mêmes différences ! ». Pas exactement, non…

Choisir Le Pen est le choix d’un Etat qui renie l’article premier de la constitution disant que la République est une et indivisible, que nous sommes tous Français, nés libres et égaux devant le droit. C’est un vote pour une division officielle de la société en groupe de citoyens en fonction de leur nom, leur couleur de peau, leurs origines, leur sexe, leur sexualité, leur religion, leurs idées politiques. Une société divisée où chaque groupe a des droits et des devoirs différents, et mais surtout dans laquelle un groupe privilégié existe, non parce que certains lois sont mal faites mais parce que le leader suprême en a décidé ainsi. Voter Le Pen est voter pour l’apartheid qui se lit fièrement dans toutes ses promesses.

Voter Macron, c’était voter pour la République telle que nous n’avons cessé de la construire depuis 1789. Ce n’est pas sans mal et elle n’est pas parfaite mais voter Macron c’était accepter ses principes fondamentaux de liberté et de marche vers l’égalité pour tous. Une marche que le Front National n’a aucune intention de poursuivre. Bien au contraire.

Aujourd’hui, ceux qui ne parviennent pas à voir ces différences entre les deux candidats qui sont vitales pour l’avenir de notre société ont de sérieuses questions à se poser sur ce qu’ils attendent de la démocratie, des questions sur leur conception même de la démocratie. Des questions qui vont bien plus loin que des promesses électorales.

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2002 – 2017: Le sacrifice de mes convictions.

En 2002, j’avais 18 ans et étant né en avril, j’ai pu voter pour la première fois aux élections présidentielles.

J’ai toujours aimé le vote. Je me souviens très clairement, quand j’étais petit, accompagner mes parents au bureau de vote le dimanche qui se trouvait dans l’école maternelle. On les attendait dans la cour, je les voyais parler à des gens, montrer leur carte d’identité (une chose que je n’avais pas), puis ils allaient dans un truc avec un rideau qui ne laissait voir que leurs pieds. Après, ils mettaient une enveloppe dans une boite transparente, quelqu’un disait quelque chose, ils signaient puis on jouait dans la cour avant de poursuivre la journée.

Voter était normal. Ca n’arrivait pas souvent mais quand ça arrivait, ça faisait simplement partie de la journée. On y allait sur le chemin de la forêt ou du parc, des terrains de tennis ou de la piscine. Ils n’en parlaient pas mais je savais ce qu’ils faisaient et alors que je grandissais, me passionnais pour l’histoire, la géopolitique, la politique, la longue et pénible car fragile construction des démocraties, le vote devenait pour moi le principe même de l’histoire en marche.

L’année précédente, on avait étudié la Ière puis la IIème République, la mise en place du cens qui ne permettait qu’aux riches de voter puis sa disparition sous les coups des penseurs, des philosophes et des grands hommes. L’année même, on avait fini la Seconde Guerre Mondiale et on avait parlé du droit de vote des femmes, puis de la baisse de la majorité à 18 ans. Je voulais faire partie de cette évolution, en profiter comme quelque chose de spécial qui m’attendait.

En 2002, c’était le doute. Mes 18 ans étaient moins de deux semaines avant le premier tour des présidentielles. J’étais lycéen et me sentais quelque part comme un imposteur. Je ne payais pas d’impôts, ne travaillais pas mais la loi me l’autorisait donc j’avais bien l’intention d’exercer ce droit. L’administration prend toujours son temps donc même si j’avais tout fait comme il me l’avait été demandé, receverai-je ma carte en temps et en heure? Oui et ce fut une catastrophe.

Je voulais voter pour m’exprimer vraiment, faire compter ma voix, faire parler mes convictions mais nous sortions d’un gouvernement de Gauche qui, comme beaucoup d’autres, avait trahi ses électeurs. Les jeunes, surtout, avec une précarité accrue qui devait eliminer enfin le chômage, avec des CDD qui n’ont rien changé sauf à rendre ma génération totalement à la merci du patronat.

Néanmoins, je suis socialiste par convictions et non par intérêt donc j’ai voté pour le PS comme j’ai toujours voulu le faire. Enfin, non, pas exactement: entre 12 et 15 ans, j’étais Marxiste. Féministe Marxiste avec l’idée que les femmes devaient prendre le pouvoir pour faire subir aux hommes les millenaires de servitude qu’elles doivent encore supporter. Le lycée et les cours de philosophie m’ont ammené à réfléchir au Marxisme et à m’en détacher pour une approche plus centrée sur le travail en commun que sur la division de la société en factions qui doivent se battre.

Mais 2002 reste 2002 et je me retrouve à dévoir laisser mes convictions derrière moi pour sauver la Révolution française. Je dois laisser derrière mes idéaux, l’utopie et mes rêves d’une France qui change pour soutenir un démocrate corrompu face à un fasciste négationniste. C’est l’histoire en marche. C’est 1914, Jaurès et l’Union Sacrée. C’est 1932 et la resistance aux ligues d’extrême droite. C’est 1940, De Gaulle et l’appel du 18 juin. C’est l’altruisme intellectuel, c’est savoir abandonner ses convictions personnelles pour le bien de la nation, de son histoire, de ce que mes ancêtres ont construit.

Les années qui suivirent, j’ai pensé ce temps révolu. J’ai voté Royal face à Sarkozy, ai quitté la France de Sarkozy pour l’Angleterre où j’y ai découvert et analysé sous toutes coutures le New Labour, une Gauche que j’admirais de loin mais dont les réalités sont loin de l’image qu’elle se donne. Tout comme la France.

Une Nouvelle Gauche qui est très vite devenue l’exemple des autres Gauches d’Europe: une Gauche qui se plit au monde construit par la Droite, qui accepte la mise en retrait de la société face aux impératifs économiques. Une Gauche qui n’est qu’en opposition, qui n’a plus d’idées ou qui a honte de les défendre parce qu’elles ont été détournées par un Bloc qui fut “vaincu sans même avoir à faire la guerre”.

Cependant, à mes yeux, le PS résiste encore donc, depuis Birmingham, je vote pour Hollande aux présidentielles mais les Verts aux législatives. C’est toujours comme ça, je vote “utile”. Pas de dispersion quand c’est une personne pour éviter que 2002 ne se répète. Oui, le traumatisme reste. Puis je vote au plus près de mes convictions pour que les députés représentent au mieux la diversité des courants, des idées, des classes,  des sexes, des origines à l’Assemblée où les lois sont écrites, discutées et votées.

Les choses sont difficiles mais Hollande tient le cap puis arrive Valls et tout bascule. Le New Labour est dans la place, la realpolitik de Gauche qui se veut adulte et responsable, qui regarde de haut l’idéalisme et l’utopie de la Gauche dite traditionnelle, comme senile et paradoxallement immature. Hamon en fait les frais puis Montebourg et surtout Taubira. Pour la première fois, je ne pas pour qui voter. C’est politiciens créent un parti? Je fonce mais ils restent fidéles au PS qui garde cette tradition d’auto-critique.

Que faire? Je le sens dès 2015 comme j’ai senti venir le Brexit et ai quitté l’Angleterre en 2014 avant d’en faire les frais: le PS va à sa mort. Comme quand les Radicaux de Gauche sont devenus le centre droit (UDF) au fur et à mesure du temps et des gouvernements, une nouvelle gauche renaîtra mais sera-t-il temps comme en 1936?

Aujourd’hui, on est en 2017. 15 ans après avoir été obligé de sacrifier mes convictions sur l’autel de la République et rien n’a changé. On sort d’un gouvernement socialiste qui a une fois de plus courbé le dos et a trahi ses électeurs, sans aucun résultat concret. Pire, elle attaque: les électeurs, la démocratie à coup de 49:3 et la dissidence.

La Gauche se doit d’être utopiste et idéaliste, d’imaginer des choses nouvelles. Qu’elle se fasse ridiculiser par la Droite paternaliste et arrogante, c’est une chose mais que le Premier Ministre et les ministres du PS eux-mêmes attaquent cette vision du futur, c’est dévastateur. Qui va nous faire rêver et espérer si la Gauche ne croit plus qu’en la realpolitik et abuse de son pouvoir?

Soudain, Valls est vaincu et les autres aussi. Hamon est là, celui qui a fait les frais de cette trahison et j’espère, je crois à nouveau. Je ne m’attends pas à ce qu’il gagne mais je suis d’accord avec lui, ces idées, son utopisme et son idéalisme parce qu’on ne va nulle part en restant fixé sur le passé et peignant d’une autre couleur des échecs pour les faire passer pour de la nouveauté. Il faut imaginer, inspirer les gens à inventer quelque chose de nouveau.

Cependant, ça reste un choix difficile parce que je ne veux pas avoir l’impression de voter “inutile”, par seul intérêt alors j’y retourne: dans les programmes, au délà des discours – je ne connais que trop la valeur trompeuse des discours. J’étudie les autres et aucun ne s’approche autant de ce qu’en quoi je crois qu’Hamon.

La Droite sous toutes ses formes, on oublie. Cheminades, je pensais sérieusement qu’il était mort. Mélenchon joue de la division et je ne supporte plus entendre dire que c’est la faute d’untel ou untel, sans compter sur son anti-européanisme qui n’a rien de constructif et son admiration non-assumée pour Poutine. Poutou est intéressant, il parle sans mâcher ses mots, sans être bêtement poujadiste mais je n’ai rien vu qui aille au-delà. Macron, c’est simple: j’ai vécu sous Tony Blair donc je connais les réalités de cette Gauche.

Je reconnais qu’Hamon est un peu maladroit quand il s’exprime. Sa performance pendant le débat était misérable mais ca n’enlève à ses idées qui sont les plus proches des miennes. Alors, oui, aujourd’hui j’ai voté Hammon.

Néanmoins, je ne suis pas aveugle ni stupide et je sais qu’une fois de plus, dans deux semaines, 15 après ma première fois, je vais devoir sacrifier mes convictions pour le bien du pays, même de ceux qui ne le veulent pas parce que je ne que connais trop l’histoire.

Extrême-droite: La laisser parler ou la faire taire?

Publié le 29 janvier 2016

Nous discutions de ce qu’il faut faire avec les gens et les partis politiques d’extrême-droite. Faut-il les laisser parler ou les faire taire ?

La première solution met en danger l’intégrité de catégories entières de population et peut amener à des incitations flagrantes à toutes sortes de haine raciale. La République est « une et indivisible », le discours de l’extrême-droite est clairement antirépublicain et pro-communautariste avant même et de par toutes considérations racistes et xénophobes. C’est donc un danger. Ses mots sont un danger.

Mais le bâillonnement est une atteinte à l’un des principes fondamentaux de la démocratie qui est la liberté d’expression et je pense qu’on a le droit de tout dire. C’est un droit qu’on ne peut pas nous enlever même si la question se pose et doit être débattue « des limites ». Et « la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres » n’est aujourd’hui qu’un poncif éculé qui n’arrange rien.

Je pense que la question n’est pas « blanc ou noir », « tout ou rien » comme nous l’avons fait depuis 20 ans quand il s’agit de l’extrême-droite.

Pour ma génération née dans les années 1980, le FN était quelque chose dont on entendait beaucoup parler quand on était petits puis qui a disparu pendant plus de 10 ans. On en parlait simplement comme une bande de vieux réactionnaires, racistes, violents fidèles à un parti criminel, fondé par un criminel négationniste et qui lisait Hitler comme les Américains lisent la Bible.

Le parti s’était divisé et il était facile pour les médias de l’ignorer, ça rendait la tâche plus facile. Questionner le FN est un exercice difficile et nous verrons pourquoi alors que questionner les Socialistes et la droite sont tous ces noms a toujours été simple : les mêmes questions, les mêmes « pièges », la même langue de bois et basta.

Les seuls pour qui le FN était une préoccupation constante étaient mes amis noirs, arabes, musulmans ou/et d’origine étrangère pour qui le racisme quotidien rappelait la présence d’un véritable parti, une organisation « démocratique » qui représente et encourage les maux dont ils souffrent.

Puis arrive 2002 et la présidentielle où on se rend compte que beaucoup de « jeunes », jusqu’à des Juifs, ont voté FN parce que, fatigués, lassés, déçus par les mêmes histoires de la droite et la gauche, ils n’avaient qu’entre-entendu, aperçu le FN et ses promesses de mieux pour « eux » fondées sur le rejet et la privation pour l’ « autre ».

Soudain, les gens qui votaient FN n’étaient pas que des gens racistes qui manquaient d’éducation et/ou d’ouverture mais des gens qui n’avaient entendu que la propagande à la « Robin des Bois ». La presse n’avait pas fait son travail d’investigation, de questionnement, on a déclaré. Les journaux, les chaines de télé n’avaient analysé la politique FN de phrases assassines, d’amalgames et des raccourcis populistes. On n’a pas écouté ces gens, on les a éloignés en s’imaginant que si on ne les regardait pas, ils finiraient bien par disparaitre.

La même chose est entrain d’arriver aux USA en ce moment même avec Trump.

Donc depuis 2002, on fait l’inverse. Face à eux qui se disaient – et se disent – persécutés pour leurs intolérances, on a pris peur et on les a laissés parler. C’est devenu le mantra mais aussi le centre d’un débat : faut-il ou non les laisser parler ? Ces racistes, ces xénophobes, ces intolérants, ces chrétiens fondamentalistes, ces anti-touts…

La réponse est oui et non. Il ne faut pas les laisser parler parce que laisser parler quelqu’un c’est le laisser définir les termes du débat, ce que fait le Front National depuis le début de la présidence de Sarkozy. Il ne faut pas « laisser parler le Front National », il faut le faire parler. Il ne faut pas simplement laisser dire ce qu’ils veulent mais rebondir dessus, les pousser plus loin dans leur pensée pour y trouver les failles qui apparaissent généralement très vite.

Les sorties de Marine Le Pen sur sa soi-disante « persécution par les média » quand on la questionne trop montre l’efficacité de cette méthode mais encore trop souvent, je vois les journalistes, les responsables, les éducateurs s’arrêter là en se disant que les gens verront bien d’eux-mêmes ce que ça prouve. Prouve quoi ? Verront quoi ? Et quand ? Quand elle aura été cinq ans au pouvoir ?

C’est le travail de journaliste que de définir les termes du débat quand ils questionnent et pas simplement de se contenter de répéter ce que les invités disent ou d’attendre que quelqu’un d’autre le fasse. Ce sont les écoles de journalisme qu’il faut réformer ainsi que les organes de presse pour qu’ils poussent les politiciens dans leur retranchement et pas simplement avec des questions sensationnalistes à  la « Il est vrai que vous êtes en désaccord avec votre Premier Ministre ? ».

La solution, c’est le travail sérieux de journalistes qui, en 2002 ont mis Jean-Marie Le Pen devant son programme d’expulsion des étrangers et l’impossibilité de la mise en œuvre d’une telle mesure. Il en est sorti qu’il comptait alors mettre les étrangers récalcitrants dans des camps de triage pour les renvoyer chez eux dans des trains fermés. La France qui avait voté pour lui a soudain vu clairement l’ombre de Vichy et du IIIe Reich.

C’est aussi le travail d’un Guillaume Meurice qu’il faut faire. Un travail drôle et sarcastique où il va vers ces gens de tous les jours qui clament fièrement leur soutien au FN, et expose en quelques questions directes, calmes et posées la simplicité affligeante d’une pensée qu’ils n’ont jamais véritablement formulée et qui n’est qu’un amalgame mal fini de déclarations à l’emporte-pièce, de chiffres inventés, de rumeurs, d’ « informations » sur « Fassebouque » et de citations à moitié lues.

Mais la presse n’est pas la seule. Christiane Taubira a raison quand elle dit que c’est aussi 30 ans d’échec de l’éducation à gauche comme à droite si les gens se désintéressent parce que c’est aussi et d’abord le travail de l’éducation nationale d’apprendre aux gens à s’intéresser au débat en leur apprenant comment débattre. Quand j’étais au collège et lycée, seuls les cours de philo en Terminales permettaient le débat et pour quelques mois seulement quand on a 17/18 ans. Les cours d’éducation civique étaient d’interminables heures d’explication sur le fonctionnement du parlement. Tant d’heures gâchées qui auraient permis un apprentissage sur la discussion, la différence d’opinion, l’expression orale, la patience d’écouter et de réfléchir sur la société.

Des décennies d’apathie qui ont créé une société qui considère que trois phrases complexes les unes derrière les autres est un monologue barbant. Alors bien sûr que ceux qui manient les déclarations choquantes font la une et convainquent des électeurs qui trouvent que tout est « chiant ».

La France n’est pas raciste mais le racisme se banalise car on continue à refuser de le questionner en profondeur alors que les failles de la haine et de l’ignorance sont tellement faciles à exposer. Mais on les laisse dominer le débat. On donne une tribune libre aux voix intolérantes en se disant que les gens sauront faire la différence tout en précisant bien que l’extrême-droite travaille dur pour adoucir son image donc que les gens ne savent plus forcément voir ce qu’il y a derrière. Mais qui travaille pour véritablement prendre le temps d’extraire ce qu’il y a derrière ?

On continue aussi à refuser de considérer ses sources : pourquoi les ouvriers et étudiants qui étaient sur les barricades en 1968 demandant un monde plus juste, plus ouvert, plus libre sont aujourd’hui les porteurs de l’Etat sécuritaire et des partis antirépublicains ? Il faut regarder ça et pas seulement en faisant d’innombrables radiotrottoirs et en paraphrasant ce qu’ils disent. Ce n’est pas du journalisme d’investigation, ni de la recherche, ni une base pour des solutions. Tout comme les livres d’Eric Zemmour ne sont pas une étude de la France mais du sensationnalisme qui donne aux gens déjà convaincus ce qu’ils veulent entendre et renforce leurs certitudes qu’ils ne sont donc pas seuls.

 

L’extrême-droite, il ne faut pas la laisser parler mais la faire parler, la mettre dos au mur, face à ses incohérences, ses contradictions, ses amalgames et ne pas reculer devant la fureur prétendue du chef de bande de cour de récré qui, prit en flagrant délit, hausse la voix, se fait menaçant et s’érige en victime d’un système. Il ne s’agit pas que de lui donner un temps de parole mais de s’arroger un temps de réponse et de questions qui gênent. Autant de fois que nécessaire.

Ses électeurs, il faut les faire parler, les questionner pour qu’eux-mêmes soient forcés de véritablement penser à ce qu’ils croient. La politique moderne est comme la religion : beaucoup répètent les exégèses et suivent les prophètes auto-proclamés sans vraiment savoir et c’est en questionnant les fondements de la croyance qu’on peut vraiment agir et contrer.

Nous avons bien réussi avec la religion et sa place jadis incontestée et implacable dans la société. Il faut maintenant pousser les racistes et ceux qui ne le sont pas mais votent néanmoins pour eux à se regarder et à se poser les mêmes questions sur leurs visions du monde, de la France, de la société.

Sadiq Khan: a person above all else.

A lot of questions have been asked to me since Sadiq Khan was elected Mayor of London and all have to do with his being a Muslim.

I live in France where most of our immigrants for the past 60 years have been coming from Muslim countries and yet, we still can’t seem to be able to get our heads around the fact that one of them has managed to reach such a position. “How brave of them to vote for…him. I mean…you know…”, we say as we still call “immigrants” the great-great-grand-children of these who left what was still colonies.

No! I don’t know and frankly, I am not interested in what you “mean”…

On the English side, people have been asking why the continentals are so obsessed with his religious beliefs. A bit hypocritical I have to say, considering the headlines of most of their tabloids but It is true that the headlines from Europe’s newspapers looked like the Tory campaign with the indissociable words “Sadiq Khan” and “Muslim”.

We are obsessed the same way the world was when Paris elected her first gay mayor. It was everywhere because that’s what we do: we put people in boxes that comes with expectations and prejudice. These boxes were called “minorities” until the people living within them decided to call themselves “communities” in this schizophrenic idea that letting the differences define not only what they are but also who they are…well, that would allow them to somehow eventually make these differences irrelevant. Maybe…

However, what I see instead is the “majority” using this idea of community to further exclude them, bringing the minorities to work even further for a place in the system they are no longer a part of as if they had some emancipated. Some going as far as excluding themselves from the rest of the society altogether and turning against it with inconceivable violence.

But I digress.

The fact is that: when one manages to go beyond the hindrance the “minority” tag erects in our Western society, when someone makes it against the odds of our narrow-mindness, we are surprised and that’s all we can talk about. And not really in a good way so far.

First, there is our sickening self-congratulation. Bétrand Delanoë, Barack Obama, Sadiq Khan: all were used by their respective countries as proof that these very countries were now beacon of modernity, acceptance and forwardness in a world of neighbours they could legitimately look down on. We do the same for every woman reaching a position of responsibility; she is here to prove we are not that sexist. The same way Obama was used to prove to the world that the US are not racist. Yeah…

In this, these people are still defined by their status of minority that was bravely disregarded by the good majority of the West who has been giving them a chance to prove they can make it. That’s why “Sadiq Khan” and “Muslim” were inseparable in most news outlets. He’s a poster for something new about us: we are not the bastards we thought we were.

Yes, we are! Because he was elected in London, a city so diverse that the concept of majority doesn’t apply. Because his opponent’s campaign used his personal religious belief to attack him and it worked. Not in London as a whole but in the rest of the UK and Europe, yes! And very well with that. I mean, his being a Muslim is all we knew of him! Hence and because such a thing would never happen anywhere else than in a city like London or Berlin. Not even Paris.

Secondly, we talk and talk and talk but we forget that Sadiq Khan’s biggest achievement is being overlooked: he has managed to be himself, an individual person beyond the realm of communitarianism.

Being gay, I know what the “community” does to you. You will find support when isolated and endangered in the face of intolerance and rejection but you are also sucked in and you lose your individuality. I have never liked what we call “the gay community” as such because there’s a sense of autarky that comes with belonging. As the community looks to be stronger on its own, you lose yourself in the name of something bigger that needs to be as homogeneous as possible because this is where it finds its strength.

The problem with the community steaming from the status of minority is that we often look for a common enemy to soften our inner differences. There is the need to level out, to standardise, to all be the same so we can present a united front, in mind and appearance. People are no longer individuals, they are members who abide by the same rules for a common purpose: to gain recognition.

I am not damning communities as a whole but I do distrust it as much as I distrust establishment in the way that both are looking to deny my identity: one through what it means to be gay and the other through the need to impose nationalism.

I see myself in Sadiq Khan, like I did in Bétrand Delanoë before, because they too refused these terms. They did not run as a member of their communities for the purpose of bringing their peers to national acceptance, They ran as themselves. Plain and simple.

The Tories tried to reduce to Khan to his religion – like UMP tried to abuse Delanoë’s homosexuality – and it failed. Not because the whole of the Western world has suddenly decided to be tolerant of anything, rather because Khan has proven that he was not different because he belonged to a community but because he is an individual: he had a history to tell in which Islam belongs but we actually don’t know much about it, except that he has always fought against the ones who prey on people’s uncertainties and doubts about belonging. He had an actual programme with clear policies that went beyond his own interests and the ones of his religious peers, he had ideas and he defended them.

In being his own creation, Khan has never been divisive but always uniting. He talked to everyone and did not target certain people for gain – expect his being a Londoner, obviously. He has managed to make people forget that he is a Muslim and see the individual beyond all labels. I am even sure some people who voted for him did not know he was Labour until they took the ballot. And that is the victory we should celebrate.

This London’s Mayor race was the victory of the individual above all categorisation, whatever they might be: gender, sex, religion, ancestry, skin complexion. It is the victory of one man as his own who managed to appeal to people as their own.

One quota for one ubiquity

In our minds, the word quota is associated with restrictions and therefore the idea that what is subjected to a quota is somehow negative.

When quotas are mentioned, it’s mainly to remove or restrain something: we want quotas on migrants so the country can cope with the new arrivals and isn’t “submerged”, we have quotas on our food production in Europe because over-production is by definition waste and money thrown out of the window, we have quotas on the number of soldiers Germany or Japan can have so we never have to fight yet another World War “because of them”…Our mindset is that quotas are for the great and the good in that they limit something that could be potentially damaging.

No wonder in this mindset that even feminists or people fighting against racism and segregation see quotas as the wrong solution to making the plagues they are fighting disappear. They say they favour education rather than imposing something on the white man to end his dominance. And I agree but we need to do both.

Education is indeed the key: let’s make girls understand that there are not limits to what they can do and what they can be interested in, let’s teach to boys accept it. Let’s make people understand from a very young age that the colour of your skin has no bearing whatsoever on your personality, your ability, and that being a Christian does not make you any more tolerant or enlightened than belonging to other religion. Just to name a few examples.

Hackneyed clichés, yes, because most of us agree with them and we are working towards them. Towards tearing down the narrow sides of the boxes in which we put people so we have to make a an effort to actually get to know them for who they are rather than relying the shallowness of prejudice and making life-changing assumptions based on what we see.

I disagree in that we need quotas because we cannot afford to wait another 50 years for the narrow-minded white men currently in power to all wither away and finally get the new generations in. Also these new generations, these young girls and women, these people of different skin colour and religion need role models to look up to. Not just in fiction but in reality so they can see that everything is possible as long as you are a human being, not just a born white and male.

However, we need to change how we deal with quotas. As the LSE puts it in their last report after Ireland’s decision to impose certain quotas, we have been making a mistake with our discourse. We have used quotas to force women on men making women in power the issue when the problem we want to address is the over-representation of men.

Putting a quota on women forced the focus on the under-representation of women  but, in that way, it also pits against one another all the ‘minorities’ looking for fairer representation or share of power, because it’s not just women who are under-represented in Western countries. If we have a quota on women, we need a quota on black people, one on Asian people, one on gay people, one on Muslims, one on Jews, one on single parents, one on young people so our institutions, at least, do represent the society they have a duty to serve. So everyone gets a genuine voice: all the under-represented individuals of the Western societies who still have to rely on aloof, unconcerned white men when it comes to life changing laws and decisions.

I am not saying that all white men are unable to understand and serve greater purpose that the ones of their own kind but it does take a great amount of enlightenment and empathy to make selfless decisions that could possibly even trigger the end of your own privilege. And such men are few and far between, especially in Right-wing circles and increasingly an endangered species on the Left.

The economic plight of the young and single mothers, the half-baked solutions to fight racial prejudice, the constant questioning of abortion and women’s rights, the rise of Islamophobia and racism, and the ever-slow recognition of the gays as normal people all spring from the dominance of one group of people: the white, heterosexual, Christian male, old “enough to have experience”. That very male who has never been a majority when it comes to number but has been playing on dubious scientific and religious beliefs to impose and justify its privilege across the world.

All inequalities today find their source in the fact that people in position of responsibility have very little to no idea what it means to live with these prejudices and economic conditions they have created. Provided they actually care and are not completely blinded by their eagerness to ensure the order that favours them remains unscathed, which they unfortunately mostly are.

How many times was I told, as a gay man, that there were “more important things to deal with” than my right to marry? That may not be the focus of straight white males who like to make people think they have a duty as “a real man” to flee marriage like the plague but it does matter to me. And the fact that it’s not the mighty economy doesn’t make it any less important.

I am all for quotas but we need to use them in a constant manner: to contain a problem. And the problem is the ubiquity of white men in all public and private, national and International institutions and bodies.

What we need are not countless quotas to address the fair representation of women, each skin colour, each religion, each sexuality, each level of wealth but a quota on “males in power”. One quota limiting their presence. If we do, it will force us to genuinely look and prepare for viable alternatives for the present and the future.

The question is: will the white man be enlightened and selfless enough to dare put the spotlight on himself as a problem we need to solve?

20 years down the drain

I have been a Europhile for the past 20 years.

When I was 11, I decided that I was not a Frenchman born in Versailles rather a European born in France.

I have believed in Europe. I have loved Europe. I have fought for Europe. I have defended and argued in favour of Europe. In 2005, I shouted, cried and ranted so much in favour of a Yes vote to the French ratification of the European Constitution that it seemed I had taken the weight of a continent on my shoulder.

I have believed in Europe for I have been convinced that we indeed had finally put our fratricidal past behind us. That we have learnt from it. That we have learnt to stop pointing fingers at each other, constantly trying to get pay back and to avenge something that was done to us before.

I have believed in Europe because we were ready to try and work together so we can truly help each other and find new ways, new solutions, new beginnings.

I have believed in Europe because I have had the conviction that after our centuries-long enterprise of bleeding and burning the whole world to its knee, we had matured, changed our ways and now have had to show the world that our past selves were wrong and we can indeed live together in solidarity and peace. Because at the end of the day, we are all brothers and sisters, and only dysfunctional families are ready to disown and let their kin die alone.

I have believed that these dark times were behind us.

Why? Because that’s what I was taught Europe was for.

Ever since I was born, I have listened to teachers, politicians, philosophers, journalists, writers, my mother telling me about the mission Europe has: to defend democracy against its enemies, whatever their shape or disguise, to protect its citizens against the peril of misery, humiliation, famine, economical decadence for our past had shown all too well whither such plights always lead.

I have argued for the past 20 years that Europe is humanity’s one chance to show that the world is not the unforgiving, ruthless jungle the neo-capitalists like to portray to justify their murderous greed. I have argued that being together and talking about problems, rather than bringing each other down to brutal and silent submission with weapons or bank account closures, is the proof that we are actually naturally inclined to working together, to helping each other.

For the past 20 years, I have fought for a Europe that would finally put the people in charge of their fate above politics and money. A place where the everyday man, woman and child will not have to suffer from the bad decisions that were made from above, without or against their consent because everything will be in their hands.

I have had a dream of a Europe where we, the people, could genuinely decide our fate in a truly democratic system. A system that would value, respect and listen to the opinion of the citizens it relies on in order to ensure the life they live is the life they actually choose.

For 20 years, I have replied to its critics by saying that yes, it is not perfect, but we are working on it and that everything that is being done is for the good of the European people. I have said time and again that at the end of day, the European Union is and will be true to what it preaches: a transparent democracy dedicated to us, to our better life and better future. A genuine democracy that will only serve the genuine interest of the people.

Today, it’s 20 years down the drain.

Today, I am shattered, angry, disappointed and ashamed.

Today, I can’t believe I bought into all these fancy concepts politicians had been throwing around to get us on board a project that, eventually and again!, turned out to only serve the rich and powerful.

Today, I cannot believe I fell for it. I feel like such a fool.

Today, Europe has proven to be ruled by money. Again. It’s nothing new. And I have been used, abused, deceived and mislead.

Today, in the name of democracy and the better future, the people of Greece, a democracy itself, will see €50bn worth of “valuable” public assets taken away from them and from their democratically elected politicians forever. They will never see them again because investors are refusing to embrace the monster they are themselves feeding, they are refusing the first rule of capitalism as defined by their beloved Adam Smith: you have to take risks and tough beans if you fail.

Today, the democratically-based European Union has made the decision to turn a blind eye and to forsake its fundamentals and ideals of democracy, citizenship, freedom, sovereignty, equality, solidarity to give way to the Eurozone and its unelected and unaccountable, financial ilk: the Eurogroup and the ECB, seconded by the almighty IFM, where Washington holds 16% of the vote when 85% are needed to reach an agreement.

Today, the European Union has made the conscious decision to disregard the voice of the Greeks, to betray all of its citizens and prove its enemies right by what it calls the Monetary Snake destroy a hard-earned democratic sovereignty.

The European Union is now nothing less that the League of Nations Wilson had created after WWI to ensure “peace and prosperity” in Europe but which silently oversaw Germany being sacrificed on the shrine of peace because it was in fact dominated by France and all the other winners of said war and they all had a bone to pick with the evil Germans.

It did not matter that Germany was a young and fragile democracy, like Greece, which, like Greece again, had become the complete opposite of the autocratic regime it was before the war. It was not enough. We needed more to soother our grievance and the League of Nations gladly let Germany suffer to oblivion in the hands of its creditors. All because everyone seemed to agree that they were at the time the biggest threat to our peace and prosperity.

Like Greece today with its bailout, the puny democratic power was forced to accept every single humiliating, undermining and dangerous clauses of the Treaty of Versailles in 1919. This treaty would legalise further humiliation and would force the country’s economy to its knees as it faced having to literally pay back all the damaged it had caused.

I remember reading about the rise of Hitler and the fall of Weimar when I was 15. I remember reading about the invasion and occupation of the Rhur by the French in 1922 that triggered the spiralling downfall. A unilateral and unstopped decision made on the basis that Paris was not getting the money Berlin was supposed to pay back on time.  I remember reading about the endless vicious circle of the young German republic’s economy, its hands tied in the back by this peace-preaching League of Nation led by vengeful winners.

In history lessons, we are repeated again and again that all these measures to ensure Germany would rightly pay for what it has “alone” caused was one of the main cause of WWII as it pushed Hitler to be democratically elected in 1933. In the name of peace, the League – like the EU today – never lifted a finger, on the contrary, it became the accomplice.

I have believed in Europe because I have thought we had understood this. And we had, for a moment. After WWII, all countries, including Greece, agreed that the stupid war reparations and the finger-pointing at one people and blaming it above all others were creating nothing but ever-growing antagonism, hatred and resentment. It was making us ever weaker. We needed to work together so we cancelled the debt. We had matured. I thought…

 

However, today it’s Versailles and the occupation of the Rhur again. The people of Greece are facing with exit and misery or endless misery in the hands of the people they were taught and told to trust.  In the 1920s, the League of Nations just watched as we pushed Germany down the drain and now, in the 2010s, the European Union just spectates as we push Greece down the drain.

The banks want their money back after eight years of bad investments they gladly jumped on and austerity they happily championed, all without results they swore would show. Regardless of all the hurt they have been doing to Greece since 2008, no matter that Greece is now enduring a situation akin to the US before Roosevelt decided to make the State intervene, they are now going to get what they want and dismantle the State even more. End of.

How? By using the one bit of Europe that has never been touched by democracy yet: the Euro and its institutions. These have been called to openly overrule Greece’s democratic regime, like we did with Germany in 1922 as the banks are getting ready to open the tilt and take whatever they think ought to be theirs whether the Greeks agree or not.

When it comes to greed and destructive capitalism, history has taught us nothing. Once again, we have set countries against each other, people each other, North v South in a flourish of damaging, uneducated stereotypes feeding endless xenophobia for throwing their people against their people is the best way economics has found to hide the fact that we actually have nothing to say on the matter.

20 years.

Until weeks ago, I was still arguing that we were truly looking for a solution that would benefit the people above all but now that “we have a deal”, I don’t believe it anymore. Until weeks ago, I was still arguing against the people who were saying that our leaders were not interested in working for the great and good of everyone, rather just for themselves. But today, I am not sure especially when I see the ones shouting victory in the name of the union.

Wolfgang Schäuble, for instance, is righteously standing there telling us that it’s all about saving the union, it’s about fairness and doing the right thing, it’s about the sake of the other millions of us but then it turns out that the tax heaven-based private company which will be handling the Greek public assets and managing the burning sales is chaired by him.

To me, this man’s commitment into ensuring Greece pays every single cent given with interests is actually driven by his desire to get a piece of the cake. The biggest one, in that. And no one is lifting a finger! The fate of millions of people, from new-born babies to ageing grandmothers is resting in his sole hands, despite the Greeks refusal and I hear “Bravo!”.

Junker, as the Prime Minister of Luxembourg, spent years resisting, fighting and lobbying against clearer, better defined, more integrated European tax laws that would put an end to his country playing with the system and remaining a tax-heaven and now he’s standing there on his plinth of hypocrisy telling us that the Greeks are only reaping what they sowed by not playing by the rules. And no one is lifting a finger!

And our leaders. They have been calling us to vote during European elections because it is “our future”. We have been told that our voice matters and will make a difference. Yes, that’s until money is involved and suddenly there are superseding considerations we cannot possibly understand so our voice is irrelevant. Is that their idea of democracy? You serve the people unless you get scared, ignore us, serve the markets alone, screw it up but because we did vote for you, it’s actually our fault so we pay the prize for generations to come.

I have come to understand they are calling us to vote just to be able to lecture Russia or China from their high horse when shit hits the fan. “At least, I am here by the will of the power…I don’t care for it says but I am better than you.”

20 years that I have been defending a fraud, the building of a union that clearly puts its cherished, richest few before the livelihood of millions of its citizens because they have convinced themselves and trapped themselves in an economic understanding where they have reduced the States to irrelevance so these very few are now the only, untouchable, precious key to our well-being.

Today, however, it’s not time for me to argue for the destruction of the union.

I am now a Euro-sceptic because I trust what is accountable to the people, which the Euro institutions are not. There are the enemy of social-democracy.

I am not however a Europe-sceptic. I still want to believe in the dream because I am socialist. Call me utopist, drag me in the dirt, frankly do your worst if it makes you happy.

If democracy cannot express illusions and crazy hopes; if it cannot contain narratives of emotion and ideals, it dies. – Paul Mason

The time has come to make the union accountable to what it has been preaching: democracy, solidarity, equality, peace and well-being of its people above all else.

It is time to change properties: to fight against the Euro and for the European Union.

This is why we built the European Union

Warsaw, 1945.

I long hesitated on which city to choose and what to show: the burning pile of bodies of 1945 Dresden, the children walking in the streets of Berlin, the lone standing churches of Rotterdam, Cologne or Arras, the omnipresence of Death during the Siege of Lenigrad, the scale of destruction at Stanligrad but I decided to go for Poland for it had become, during the war, the pit of human-made horror.

This picture is why we built the European Union.

We built the European Union so we could create a place where countries were so dependent on us each that we would never be able to settle our differences by scores of death and destruction anymore.

We built the European Union on the bodies of 60 million people so that after millennia of fratricidal wars, we could finally accept that we were different yet the same. Before the EU, our autocratic regimes then nationalism and fascism had made us believe that our differences meant we would never get along and the only we had to find a solution a problem that seemed unsolvable was to take arms, mobilise men as young as 14 and throw them with ever-greater force on the top of each other for generals and leaders to see who had suffered the least damage and could therefore claim victory.

We built the European Union so we could, for the very first time in the history of humanity, find a truly civilised alternative to death as a referee to our differences of opinion, belief, ideology, form of political regime, culture, language and ruling dynasty. One will say that European countries are still using the old men-world methods outside. It’s true and I am the first one to be ashamed of it but it has also showed the world that it was possible to think and do differently and ever since it has been created, countries all over the world have decided to more or less give it a go from South American countries to the Far-East

We built European Union on the idea that by being together, we would always be stronger, individually and collectively, than by constantly trying to overcome our neighbour’s perceived power. Like a V-sign to the English-world’s 19th century conception of the laws of Nature, competition against the other powerful and destruction of the mild are not the only way forward anymore. Even in the midst of the worst economic crisis we have ever known, the European Union as an entity is still the richest, economically most powerful and geographically best-integrated and most tolerant place in the world. The erstwhile ridiculed idea of solidarity as a power has made its way for the great and the good.

Now, yes, it is not perfect. Yes, it is riddled witg forces  trying to use and abuse it for their own purpose. Yes, it has to live with the cancer of racism, intolerance and accept in its very core forces that want, and maybe will, eventually destroy it but, in that aspect, it is no different than any other democracy. These forces were, are and will always be there whether we work as one or alone within our own little, supposedly opaque and foreign-proof borders. So we may as well work as one to resist them.

Yes, it’s difficult everyday but no one said it would be easy. At the end of this memorial day, let’s remember that the European Union has managed to rethink how we deal with each other: with diplomacy, negotiation and talking. It has brought 27 countries nursing hundreds of different languages, dialects, cultures and sensibilities together in a way that has never been done before and it is getting them to finally talk to solve problems. The European Union has forced countries to accept and promote differences, cultures and languages in and out of their borders. Before the EU, these countries and regions only saw one thing in each of its neighbour and dissidence: a threat. So every single one of them only saw one possibility when it came to dealing with it: wars and destruction. Wars to get what you thought was yours, wars to protect what you believed was yours.

Yes, talking and talking and talking takes more time than getting a gun out and killing the person you are arguing with in order to win the argument. Yes, talks and talks and talks are less flashy, exciting and newsworthy than a “good old bloody war” when it comes to printing newspapers that need to attract readers. Some good old scattered bodies, dead babies in the arms of crying, blood-covered mothers is so much fancier but that’s why we built the European Union, so would never have to deal with it anymore, on our land to begin with, and maybe eventually the world.

Yes, it seems to be getting nowhere in Ukraine but it does. Believe me, as an historian, it would have taken barely a month for the WWIII to happen if we had kept our old ways of dealing with things. With all the Western Europe and all its allies up in arms against Russia and all its allies, with countries in Eastern Europe bullied into taking side and turned into an Orwellian battlefield. All because a handful of Russian separatists were more comfortable with a docile, Russia-friendly Ukraine and believe life is only worth living under the umbrella of Moscow.

The European Union has allowed someone like me to have never seen Death reaping, to have never been forced to take a gun and kill a complete stranger because I was told to and in my mind, it was him or me. It has sheltered generations of people from the trauma of killing another human being, of having to hide from oblivion and see their entire life reduced to dust. It has taught us that fighting is not the solution as it does not solve problems in the long-term, rather creating resentment and the nationalistic dream of revenge. It has taught us that laying a punch will not make your opponent admit defeat forever, just long enough make you believe you won until he thinks he has become stronger enough to lay the punch back.

On this day, when we remember that more than 20 million people from the USSR have been slaughtered to free Europe, that more than 10 million German, French, Polish, Dutch, Belgian, Danish, Czech, Russian, Ukrainian, Italian, Greek Jews, Muslims, Christians, Socialists, Communists, gypsies, gays and lesbians, young and old, men and women, healthy and disabled people were imprisoned, enslaved, starved, tortured, used as lab rats and systematically killed because they supposedly were not fitting a race, an ideology, a vision of nationalism…On this day, we shall never forget that this is why we build the European Union. So it never happens again!

It is now your mission as well as mine to protect the EU, to believe in it, to remember its true purpose.

It is essential we resist the voices of the destructive forces I mentioned earlier. These forces democracy has to tolerate and live with, the ones that could destroy it from the inside. The ones telling you that Europe is the enemy truly working against you. They are the ones who want to make you believe that the scores are already settled. They are the ones who are calling the EU a dictatorship whilst conveniently forgetting to mention to the rest of the country when the next European elections are or encourage people to vote. They are the ones loving the “political stability” of China and whose constant scaremongering has told us that the uncertainty of elections is bad for the economy*. They are the ones who are trying to discourage you from voting by saying that it is irrelevant. They are doing this because they either have a lot to lose if you were to vote or their nostalgia of a glorious past is blinding them into the reality of the lives our ancestors actually lived and they think the EU is responsible for all modern evil.

The European Union was and is being built, expanded and kept up by democracies which have not created a continent-size dictatorship but put in a place a parliament where only politicians elected by their people are sitting. No one is where they are because they were chosen by an oligarchy.

We are not China where people do not have a say on the future of their country and therefore their own. If austerity happens in China, it will indeed by forced upon them by the system they have not chosen but if austerity is “forced on us” by Brussels, it is only because people vote massively for the right-wing, conservative People’s Party who has been championing all the austerity measures that are making our lives difficult and inequality worse all across the continent. You want things to change? You think they are betraying the true purpose of the EU? As I said, it’s a democracy: change happens if you vote for change.

 

I don’t agree with everything it does but I do believe in Europe because I will never forget why we have been building it, because I believe in democracy, because I believe in working together regardless of our differences, because I am ready to accept these differences, because I believe in its ability to  be a force for good; for peace and forward thinking. And mostly because it has made me a first-class citizen by making me responsible for its future, as well as my future by giving me the right to vote after crashing to pieces the fascism it has given birth to almost a century ago.

* “According to the International Monetary Fund, which said uncertainty surrounding the election would undermine growth forecasts”  – The Guardian: IMF forecast blows hole in George Osborne’s deficit reduction plan.