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Ce n’est pas “kif-kif”, non…

Il est grand temps qu’on arrête de prendre aussi facilement à l’hameçon des politiciens véreux qui se plaisent à pointer du doigt les autres en nous disant qu’ils sont comme eux. Je parle des Marine Le Pen et de Fillion qui, n’arrivant pas à cacher les tâches d’encre noire sur un linceul qu’ils présentent comme vierge, bombardent sans discernement, et en toutes connaissance de conséquences, tous leurs adversaires d’accusations non-fondées, voire complètement réfutées et facilement réfutables.

L’intention est de créer de la fausse équivalence : quand on n’a pas le choix que de faire face à ses actions, on se tourne vers son adversaire et on dit aux autres « Lui, il est comme moi. Même pire, si vous saviez… » Sans aller plus loin, bien sûr. On ne veut pas non plus aller se faire attaquer en diffamation…

Néanmoins, le mal est fait car nombreux sont les gens qui mordent à l’hameçon et il ne s’agit pas que des classes sociales les moins éduquées et des gens les plus pauvres. J’en ai déjà parlé et il s’agit simplement des fainéants, des gens qui ne regardent jamais plus loin que ce qu’on leur dit, des gens qui refusent d’assumer la responsabilité de leur première et plus importante liberté d’expression : le droit de vote.

Alors on finit avec le discours qui dit volontiers : « Macron/Le Pen, kif-kif, même combat ». On vote blanc ou on s’abstient en oubliant de distinguer une seule essentielle entre les deux. Une chose complètement noyée dans la fausse équivalence : leur vision de la société française et l’Etat de droit. On nous dit : « Ni Patrie, Ni Patron » et qu’on ne veut donc pas voter mais on oublie volontiers de dire que dans l’une de ces deux conceptions accusent l’Etat de droit et les libertés qu’il entraine de tous les maux actuels et prônent leur abrogation pur et simple.

Je ne suis pas un supporter de Macron pour des raisons que j’ai mentionnées auparavant mais au fur et à mesure des deux semaines entre les deux tours et en regardant Trump détruire toutes les avancées des huit ans d’Obama à coups de décrets présidentiels, je me suis rappelé 2002 et ce que signifie ce vote. En effet, si Macron me fait me poser des questions sur certaines orientations économiques, il a quelque chose qu’on ne peut pas renier : le respect inhérent et incontesté de la démocratie et de l’Etat de droit.

Quand je pense à lui, je me pose des questions sur le montant de la retraite de ma mère, certes, mais je ne m’en pose aucune sur son droit, en tant que femme, à travailler, à être chef d’entreprise, à être divorcée, à acheter une maison en son nom sans l’autorisation d’un homme ou de s’être faite avorter pour des raisons qui ne concernent qu’elle. La vision du monde par Macron respecte les femmes en tant que citoyennes à part entière, leurs droits à disposer d’elles-mêmes et ce sans condition. Et je ne pourrai jamais en dire autant de Marine Le Pen, de ses alliés et de ses soutiens.

Quand je vois Macron, je n’ai aucune peur pour mes libertés en tant qu’homosexuel. J’ai des questions sur la précarité de mes emplois mais je ne me suis jamais demandé comment j’allais faire pour survivre s’il devenait président parce que je devrais cacher mes préférences amoureuses et comment le faire maintenant que j’ai accepté qui je suis. Je sais que ma sexualité ne sera pas une arme que l’Etat va utiliser contre moi parce que Macron est un démocrate qui comprend que ce n’est pas un choix que j’ai fait un jour mais quelque chose que je suis. Je sais qu’il va respecter mes droits et n’a jamais eu la moindre intention de les abroger. Et je ne pourrai jamais en dire autant de Marine Le Pen, de ses alliés et de ses soutiens.

Il en va de même pour tous les gens qui n’ont pas choisi leur lieu de naissance, celui de leurs parents, ou de leurs grands-parents, ceux qui n’ont pas choisi leur couleur de peau, les écoles dans lesquelles ils sont allés et les quartiers dans lesquels ils ont grandi. Même si sa vision économique est en léger décalage avec la mienne,  je sais que Macron continuera à travailler pour que ceux qui le désirent, tous ceux qui y travaillent soient considérés comme des citoyens à part entière sans bannière ou badge qui indique bien qu’ils passent après. Et je ne pourrai jamais en dire autant de Marine Le Pen, de ses alliés et de ses soutiens.

Il en va de même pour les choix de chacun comme la religion ou la mouvance politique. Avec Macron, je sais que j’ai le droit d’être athée et de gauche, que mes amis peuvent être ouvertement juifs, musulmans ou catholiques, socialistes, communistes, conservateurs, nationalistes, patriotes et anarchistes, voire même fascistes parce que Macron prône une société plurielle où tout le monde cohabite, où le désaccord est une bonne chose. Et je ne pourrai jamais en dire autant de Marine Le Pen, de ses alliés et de ses soutiens.

Il y a aussi le choix de l’immigration, les millions de gens qui ont choisi de venir, non pas pour « voler le brave Français » mais pour apporter une pierre à l’édifice, comme je l’ai fait en Angleterre, je le fais en Espagne et je le ferai bientôt en Suède. Je sais que ces gens auront la protection du chef de l’exécutif et de l’Etat si quelques tentent de les attaquer d’une manière ou d’une autre. Et je ne pourrai jamais en dire autant de Marine Le Pen, de ses alliés et de ses soutiens.

Si Macron me donne quelques angoisses sur quelques chiffres liés à l’économique, je n’ai que des certitudes apaisées sur le respect de droits de chacun à être qui il est et qui il veut être. Et je ne pourrai jamais en dire autant de Marine Le Pen, de ses alliés et de ses soutiens qui m’évoquent de suite les termes de « citoyens de seconde classe », « remise en cause du droit de… », « abrogation du droit de… », exclusion, ségrégation, priorité ethnique qui renient les bases de la République.

Je peux comprends que pour la majorité, ces aspects sociaux de droit des personnes sont secondaires quand les angoisses économiques sont partout. C’est d’abord parce qu’on nous répète constamment qu’il n’y a que l’économie qui compte, c’est aussi parce que ces angoisses sont réelles et doivent trouver des réponses mais c’est aussi parce que ce sont aussi des gens qui n’ont jamais eu à se poser des questions d’identité, d’appartenance, qui n’ont pas jamais eu à réfléchir à leur place dans la société autrement qu’en termes de travail. Je comprends que les droits de l’autre ne soit pas leur priorité et qu’ils s’imaginent que leurs libertés civiles et civiques ne répresentent rien face à leurs droits économiques. Je ne l’accepte pas mais je le comprends.

Néanmoins, il n’empêche que comparer Macron et Le Pen, c’est joué volontiers le jeu de démagogues qui veulent que vous oubliez qu’il y a plus en jeu que des montants d’impôts et de retraite : il y a toute la société, la France,  la République, nous en tant qu’humains et pas ressources humaines. C’est comparer la démocratie et le néo-fascisme en disant : « Mêmes différences ! ». Pas exactement, non…

Choisir Le Pen est le choix d’un Etat qui renie l’article premier de la constitution disant que la République est une et indivisible, que nous sommes tous Français, nés libres et égaux devant le droit. C’est un vote pour une division officielle de la société en groupe de citoyens en fonction de leur nom, leur couleur de peau, leurs origines, leur sexe, leur sexualité, leur religion, leurs idées politiques. Une société divisée où chaque groupe a des droits et des devoirs différents, et mais surtout dans laquelle un groupe privilégié existe, non parce que certains lois sont mal faites mais parce que le leader suprême en a décidé ainsi. Voter Le Pen est voter pour l’apartheid qui se lit fièrement dans toutes ses promesses.

Voter Macron, c’était voter pour la République telle que nous n’avons cessé de la construire depuis 1789. Ce n’est pas sans mal et elle n’est pas parfaite mais voter Macron c’était accepter ses principes fondamentaux de liberté et de marche vers l’égalité pour tous. Une marche que le Front National n’a aucune intention de poursuivre. Bien au contraire.

Aujourd’hui, ceux qui ne parviennent pas à voir ces différences entre les deux candidats qui sont vitales pour l’avenir de notre société ont de sérieuses questions à se poser sur ce qu’ils attendent de la démocratie, des questions sur leur conception même de la démocratie. Des questions qui vont bien plus loin que des promesses électorales.

2002 – 2017: Le sacrifice de mes convictions.

En 2002, j’avais 18 ans et étant né en avril, j’ai pu voter pour la première fois aux élections présidentielles.

J’ai toujours aimé le vote. Je me souviens très clairement, quand j’étais petit, accompagner mes parents au bureau de vote le dimanche qui se trouvait dans l’école maternelle. On les attendait dans la cour, je les voyais parler à des gens, montrer leur carte d’identité (une chose que je n’avais pas), puis ils allaient dans un truc avec un rideau qui ne laissait voir que leurs pieds. Après, ils mettaient une enveloppe dans une boite transparente, quelqu’un disait quelque chose, ils signaient puis on jouait dans la cour avant de poursuivre la journée.

Voter était normal. Ca n’arrivait pas souvent mais quand ça arrivait, ça faisait simplement partie de la journée. On y allait sur le chemin de la forêt ou du parc, des terrains de tennis ou de la piscine. Ils n’en parlaient pas mais je savais ce qu’ils faisaient et alors que je grandissais, me passionnais pour l’histoire, la géopolitique, la politique, la longue et pénible car fragile construction des démocraties, le vote devenait pour moi le principe même de l’histoire en marche.

L’année précédente, on avait étudié la Ière puis la IIème République, la mise en place du cens qui ne permettait qu’aux riches de voter puis sa disparition sous les coups des penseurs, des philosophes et des grands hommes. L’année même, on avait fini la Seconde Guerre Mondiale et on avait parlé du droit de vote des femmes, puis de la baisse de la majorité à 18 ans. Je voulais faire partie de cette évolution, en profiter comme quelque chose de spécial qui m’attendait.

En 2002, c’était le doute. Mes 18 ans étaient moins de deux semaines avant le premier tour des présidentielles. J’étais lycéen et me sentais quelque part comme un imposteur. Je ne payais pas d’impôts, ne travaillais pas mais la loi me l’autorisait donc j’avais bien l’intention d’exercer ce droit. L’administration prend toujours son temps donc même si j’avais tout fait comme il me l’avait été demandé, receverai-je ma carte en temps et en heure? Oui et ce fut une catastrophe.

Je voulais voter pour m’exprimer vraiment, faire compter ma voix, faire parler mes convictions mais nous sortions d’un gouvernement de Gauche qui, comme beaucoup d’autres, avait trahi ses électeurs. Les jeunes, surtout, avec une précarité accrue qui devait eliminer enfin le chômage, avec des CDD qui n’ont rien changé sauf à rendre ma génération totalement à la merci du patronat.

Néanmoins, je suis socialiste par convictions et non par intérêt donc j’ai voté pour le PS comme j’ai toujours voulu le faire. Enfin, non, pas exactement: entre 12 et 15 ans, j’étais Marxiste. Féministe Marxiste avec l’idée que les femmes devaient prendre le pouvoir pour faire subir aux hommes les millenaires de servitude qu’elles doivent encore supporter. Le lycée et les cours de philosophie m’ont ammené à réfléchir au Marxisme et à m’en détacher pour une approche plus centrée sur le travail en commun que sur la division de la société en factions qui doivent se battre.

Mais 2002 reste 2002 et je me retrouve à dévoir laisser mes convictions derrière moi pour sauver la Révolution française. Je dois laisser derrière mes idéaux, l’utopie et mes rêves d’une France qui change pour soutenir un démocrate corrompu face à un fasciste négationniste. C’est l’histoire en marche. C’est 1914, Jaurès et l’Union Sacrée. C’est 1932 et la resistance aux ligues d’extrême droite. C’est 1940, De Gaulle et l’appel du 18 juin. C’est l’altruisme intellectuel, c’est savoir abandonner ses convictions personnelles pour le bien de la nation, de son histoire, de ce que mes ancêtres ont construit.

Les années qui suivirent, j’ai pensé ce temps révolu. J’ai voté Royal face à Sarkozy, ai quitté la France de Sarkozy pour l’Angleterre où j’y ai découvert et analysé sous toutes coutures le New Labour, une Gauche que j’admirais de loin mais dont les réalités sont loin de l’image qu’elle se donne. Tout comme la France.

Une Nouvelle Gauche qui est très vite devenue l’exemple des autres Gauches d’Europe: une Gauche qui se plit au monde construit par la Droite, qui accepte la mise en retrait de la société face aux impératifs économiques. Une Gauche qui n’est qu’en opposition, qui n’a plus d’idées ou qui a honte de les défendre parce qu’elles ont été détournées par un Bloc qui fut “vaincu sans même avoir à faire la guerre”.

Cependant, à mes yeux, le PS résiste encore donc, depuis Birmingham, je vote pour Hollande aux présidentielles mais les Verts aux législatives. C’est toujours comme ça, je vote “utile”. Pas de dispersion quand c’est une personne pour éviter que 2002 ne se répète. Oui, le traumatisme reste. Puis je vote au plus près de mes convictions pour que les députés représentent au mieux la diversité des courants, des idées, des classes,  des sexes, des origines à l’Assemblée où les lois sont écrites, discutées et votées.

Les choses sont difficiles mais Hollande tient le cap puis arrive Valls et tout bascule. Le New Labour est dans la place, la realpolitik de Gauche qui se veut adulte et responsable, qui regarde de haut l’idéalisme et l’utopie de la Gauche dite traditionnelle, comme senile et paradoxallement immature. Hamon en fait les frais puis Montebourg et surtout Taubira. Pour la première fois, je ne pas pour qui voter. C’est politiciens créent un parti? Je fonce mais ils restent fidéles au PS qui garde cette tradition d’auto-critique.

Que faire? Je le sens dès 2015 comme j’ai senti venir le Brexit et ai quitté l’Angleterre en 2014 avant d’en faire les frais: le PS va à sa mort. Comme quand les Radicaux de Gauche sont devenus le centre droit (UDF) au fur et à mesure du temps et des gouvernements, une nouvelle gauche renaîtra mais sera-t-il temps comme en 1936?

Aujourd’hui, on est en 2017. 15 ans après avoir été obligé de sacrifier mes convictions sur l’autel de la République et rien n’a changé. On sort d’un gouvernement socialiste qui a une fois de plus courbé le dos et a trahi ses électeurs, sans aucun résultat concret. Pire, elle attaque: les électeurs, la démocratie à coup de 49:3 et la dissidence.

La Gauche se doit d’être utopiste et idéaliste, d’imaginer des choses nouvelles. Qu’elle se fasse ridiculiser par la Droite paternaliste et arrogante, c’est une chose mais que le Premier Ministre et les ministres du PS eux-mêmes attaquent cette vision du futur, c’est dévastateur. Qui va nous faire rêver et espérer si la Gauche ne croit plus qu’en la realpolitik et abuse de son pouvoir?

Soudain, Valls est vaincu et les autres aussi. Hamon est là, celui qui a fait les frais de cette trahison et j’espère, je crois à nouveau. Je ne m’attends pas à ce qu’il gagne mais je suis d’accord avec lui, ces idées, son utopisme et son idéalisme parce qu’on ne va nulle part en restant fixé sur le passé et peignant d’une autre couleur des échecs pour les faire passer pour de la nouveauté. Il faut imaginer, inspirer les gens à inventer quelque chose de nouveau.

Cependant, ça reste un choix difficile parce que je ne veux pas avoir l’impression de voter “inutile”, par seul intérêt alors j’y retourne: dans les programmes, au délà des discours – je ne connais que trop la valeur trompeuse des discours. J’étudie les autres et aucun ne s’approche autant de ce qu’en quoi je crois qu’Hamon.

La Droite sous toutes ses formes, on oublie. Cheminades, je pensais sérieusement qu’il était mort. Mélenchon joue de la division et je ne supporte plus entendre dire que c’est la faute d’untel ou untel, sans compter sur son anti-européanisme qui n’a rien de constructif et son admiration non-assumée pour Poutine. Poutou est intéressant, il parle sans mâcher ses mots, sans être bêtement poujadiste mais je n’ai rien vu qui aille au-delà. Macron, c’est simple: j’ai vécu sous Tony Blair donc je connais les réalités de cette Gauche.

Je reconnais qu’Hamon est un peu maladroit quand il s’exprime. Sa performance pendant le débat était misérable mais ca n’enlève à ses idées qui sont les plus proches des miennes. Alors, oui, aujourd’hui j’ai voté Hammon.

Néanmoins, je ne suis pas aveugle ni stupide et je sais qu’une fois de plus, dans deux semaines, 15 après ma première fois, je vais devoir sacrifier mes convictions pour le bien du pays, même de ceux qui ne le veulent pas parce que je ne que connais trop l’histoire.

En bref: César Polanski

Il y a donc actuellement un appel au boycott de la cérémonie des Césars après que le comité est décidé de faire honneur à Polanski en lui offrant le boulot de président pour cette année. Un honneur mérité pour son travail mais aussi, et surement, pour avoir admis sa culpabilité après qu’il ait drogué et violé une fille de 13 ans.

L’ancienne Ministre de la Culture s’exprimait donc sur le sujet en disant que “C’est une chose qui s’est passée il y a 40 ans. On ne peut pas continuer à parler de ça à chaque fois qu’on parle de lui parce que ça appartient maintenant au passé. C’est juste une cérémonie.”

Si c’est “juste” une cérémonie, pourquoi son boycott vous pose-t-il un tel problème?

Le mot “juste” implique l’absence total d’intérêt véritable à accorder à cette mascarade d’auto-féliciation dont tout le monde se fiche, à part les femmes, qui “ne regardent que pour les robes.”, n’est-ce pas?

Il est clair que non, vous ne considérez pas ça comme “juste” une cérémonie sinon vous n’auriez pas fait ce genre de déclaration méprisante et insultante. Et bien, les gens qui appellent au boycott pensent comme vous: c’est une cérémonie qui compte et le message envoyé à travers la nomination de Polanski comme président est important.

Le temps effacera votre contribution à la culture français mais ce n’est pas à lui d’effacer les crimes du passé, ni à vous d’en décider mais à une justice duement rendue, ce qui n’est jamais arrivé dans le cas de Polanski malgré ses aveux. Et il le sait lui-même, ayant, depuis quarante, vécu de pays en pays au fil de l’humeur de ces derniers au sujet de la demande d’extradition vers les Etats-Unis. Une demande que le temps n’a pas pu effacer.

Le fait que cet homme qui n’a pas le courage de ces actes d’ignominie soit sur le point de donner un prix à un film qui parle d’une victime de viol cherchant la vengeance est assez pour demander le boycott de la cérémonie.

In Brief: César Polanski

There is a call to boycott the French equivalent of the Oscars, Les Césars, because the committee thought it would be a good idea to hand over the hosting to a man who pleaded guilty to drugging and raping a 13 year-old girl.

A call to which the former French Ministre de la Culture replied: “It’s something that happened 40 years ago. One cannot bring up this affair every time we talk about him because there was a problem back then. It is just an awards ceremony.”

If it’s “just a ceremony”, why do you care so much as to comment upon its boycott? The word “just” implies its lack of significance, it’s yet another tedious, self-congratulating event no one really cares about and women only watch for the dresses so what’s the fuss, hey?

Clearly, it’s not “just” a ceremony and you do take issue. Well, so do the people who think that time is not what brings closure to crimes. A properly served justice does. Which never happened in that case. And Polanski knows it, having moved from countries to countries for the past 40 years, according to how said countries are dealing with the on-going extradition demand from the US.

The fact that he will certainly be handing the big prize to a movie about a rape victim seeking revenge is worth a boycott, yes.

1918?

Pendant mon cours de français avec ma stagiaire russe:

“Vous avez des arguments comme celui de Trump en France?

-Oui, au début c’était que le Front National mais ça déborde sur tout le spectre politique. On nous dit, on nous répète, on nous promet qu’on va ‘faire revenir la France’

-Où?

-J’en sais rien. Je n’y prends pas. Mais personne ne sait. C’est le principe. C’est comme Poutine quand il dit qu’il va à nouveau rendre la Russie grande et puissante.

-Mais Poutine est ridicule! La Russie était puissante au XIXe siecle avec le servage, l’empire, les trois Etats. On pouvait faire la guerre sans raison, envahir nos voisins juste comme ça…C’était un autre temps, comment peut-on revenir au XIXe siècle?

-La France était décrite comme le pays le plus puissant après 1918.

-Donc les Français veulent revenir en 1918?

-Non. Enfin, certains oui, surement. Certains pensent bien que le travail des femmes est la cause de chômage, alors… Mais les gens ne savent pas où ils veulent revenir mais le slogan leur va bien. Il faut faire revenir la France. C’es clair, non?

-Non.

-On est d’accord. Parlons de Petersbourg…”

Paris intra-muros

Anne Hidalgo est la maire de Paris.

PA-RIS.

P.A.R.I.S.

Pas de Versailles, ni de Neuilly, ni des Hauts-de-Seine, ni de la Seine-et-Marne, ni de Normandie, de Lille, d’Agoulême ou de Nice.

Elle a été elue par les Parisiens pour servir les Parisiens. Si son “socialo-gauchisme utopiste” déplaît aux autres…C’est un plus!